Un adolescent polyhandicapé expulsé vers le Kosovo

Publié le par Planète-Eléa

 

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Une famille kosovare arrivée en France il y a deux ans a été expulsée, lundi 3 mai, sur décision de la préfecture car en situation irrégulière. Parmi les trois enfants, un adolescent handicapé physique et mental de 15 ans, pris en charge dans un institut d'éducation motrice de Freyming-Merlebach, en Moselle.

A 21 heures, le personnel de l'institut a vu débarquer trente policiers et gendarmes selon l'Association des paralysés de France (APF), douze selon la préfecture. Après une nuit en centre de rétention, toute la famille a dû embarquer le lendemain dans un avion pour le Kosovo.

«Arrivé clandestinement en France avec ses parents, sa grande soeur et son frère, sa famille a été accueillie en Centre d'hébergement et de réinsertion sociale, tandis que la Maison des personnes handicapées a orienté le jeune atteint d'une maladie évolutive vers l'IEM "Les Jonquilles". Une demande de régularisation pour la famille avait été instruite par des travailleurs sociaux», rapportent dans un communiqué commun l'APF et RESF, qui jugent intolérables «la violence et l'inhumanité» de cette expulsion.

«Traitement approprié dans son pays d’origine»

La préfecture oppose que l'opération s'est déroulée «dignement et dans le calme» et se défend en expliquant que «deux médecins ont autorisé le transport du malade vers l’aéroport puis vers le Kosovo, et qu’un pompier était présent durant le vol».

La demande d'asile de la famille a été rejetée à deux reprises, précise-t-elle, ajoutant que «le médecin chef, directeur de la santé publique à l’Office français de l'immigration et de l'Intégration ainsi que le médecin inspecteur de la santé publique ont indiqué à plusieurs reprises que l’enfant pouvait bénéficier d’un traitement approprié à son état de santé dans son pays d’origine, le Kosovo».

Ce qui fait dire au député-maire UMP de Freyming-Merlebach et président de l’association qui gère l’institut médical, Pierre Lang, interrogé sur France Info, qu'il «ne voi(t) pas à quel titre notre établissement aurait pu s'opposer à une décision de justice, dans la mesure où les conditions médicales de surveillance et d'accompagnement de l'enfant sont réglée». Sauf à «accepter que notre pays puisse accueillir toutes les personnes handicapées de pays étrangers qui s'installeraient chez nous».


Par C.B - http://www.liberation.fr

Publié dans Infos du Monde

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