Ne rien oublier de ce que Grégory Lemarchal m'a donné
Par Ludmilla INTRAVAIA - http://tf1.lci.fr/
Interview - Pour LCI.fr, Olivier Ottin, ex-manager de Grégory Lemarchal, fait le bilan de cette année écoulée, un an après la mort de son ami.
La volonté de vaincre la mucoviscidose dont était atteint le chanteur demeure chevillée au corps de sa famille, particulièrement investie au sein de
l'association Grégory Lemarchal.
LCI.fr : L'anniversaire de la disparition de Grégory Lemarchal est-il marqué
par une sortie musicale?
Olivier Ottin, ex-manager et ami de Grégory Lemarchal : Le 28 avril,
sort le titre Restons amis, troisième extrait inédit issu de son album posthume La voix d'un Ange. La majeure partie des bénéfices des ventes de ce single sera
reversée à l'association Grégory Lemarchal.
LCI.fr: Le papa de Grégory, Pierre Lemarchal, a confié à VSD qu'il existait d'autres "chansons inédites" de son fils, "et même de très grosses surprises", bandes
qu'il "espère bien récupérer" pour "les sortir un jour". De quoi s'agit-il?
O. O. : Il s'agit de chansons écrites par Greg. Sa famille ne possède pas les droits de ces titres et ne peux donc pas les sortir et les rendre publics. Ces droits sont possédés par des gens qui
bloquent la sortie de ces chansons. Je n'en dirai pas plus pour l'instant.
LCI.fr: Qu'en est-il du livre tant attendu de ses parents?
O. O. : Il n'est pas à l'ordre du jour. Les parents de Greg n'on pas encore eu le temps de "se poser" pour l'écrire. Cette année est passée très vite pour eux, entre le départ de
leur fils, la création de l'association et le développement de ses activités. Le livre a donc été reporté. Par contre, à la fin de l'année, le livre de sa sœur, Leslie, intitulé Mon frère,
l'Artiste : Grégory Lemarchal devrait être réédité à petit prix.
LCI.fr: Avez-vous prévu un hommage particulier, par exemple en télévision?
O. O. : Non, rien d'officiel ou de spécial. La famille de Greg ou moi-même n'avons pas été particulièrement sollicités par la télévision mais si cela avait été le cas, il aurait fallu
développer une ligne éditoriale qui sorte de l'ordinaire pour que nous ayons envie de nous lancer dans un tel projet. Déjà, c'est dur à vivre, ce premier anniversaire de la mort de Greg. Alors,
se replonger dans ses images d'archives, cela aurait vraiment été très difficile dans l'état d'esprit où nous sommes pour le moment. Ses parents préfèrent revivre leurs souvenirs entre
"quatre yeux", dans l'intimité. Il y a quelque temps, nous avons pris les devants pour communiquer avec la presse, à la veille de la disparition de Greg, même si cela fait du mal de
répéter tout le temps les mêmes choses. Ensuite, les parents ont pris leurs distances pour souffler un peu et passer ce cap difficile en famille.
LCI.fr : Les parents de Grégory se sont énormément investis dans la lutte contre la mucoviscidose, grâce à l'association Grégory Lemarchal. Qu'a-t-elle accompli, jusqu'à présent?
O. O. : L'association a récolté entre 9 et 10 millions d'euros en un an. Une des priorités des parents de Greg est l'amélioration du confort et de la qualité de vie des malades atteints de
cette maladie. Ainsi, le service de mucoviscidose et de transplantation de l'hôpital Foch à Suresnes va être complètement réaménagé en mobilier, tel que frigos, micro-ondes ou encore
climatiseurs, de même qu'en équipement multimédia comme des ordinateurs, des connections internet ou des webcams. Les travaux commencent maintenant et devraient être finis à la rentrée. Un jardin
Grégory Lemarchal devrait également être inauguré à l'hôpital Foch
mais je ne peux pas m'avancer sur la date, cette année peut-être ou l'année prochaine. De plus, nous sommes en train de faire le recensement des besoins urgents des services de mucoviscidose
français. Il existe encore des chambres d'hôpital sans cabinet de toilettes particulier ou des services de réanimation sans télévision. Plusieurs décisions ont été entérinées à ce sujet, depuis
mars, dans toute la France.
LCI.fr: La sensibilisation au don d'organe demeure-t-elle un axe d'action important pour l'association?
O. O. : Tout à fait. En un mois, après la mort de Gregory, le nombre de donneur d'organes a atteint celui auparavant obtenu en une année. Mais avoir une carte ne suffit pas car la famille
peut s'opposer à ce don. Seul compte vraiment le refus de don d'organes qui est en baisse depuis la mort de Gregory, de 32 à 28 % en un an. Les parents défendent la lutte contre la mucoviscidose
auprès des politiques ou des services publics et espèrent bien faire de cette cause un enjeu national dans les années à venir. Suite à la disparition de Greg, il y vraiment eu une prise de
conscience sur ce sujet qui a ouvert le débat dans les familles.
LCI.fr : Grégory Lemarchal, lui-même, parlait-il ouvertement de ce
sujet?
O. O. : Ce n'était pas un tabou. On en discutait rarement mais on en discutait. Une fois greffé, Greg voulait en parler en public et devenir le porte-drapeau de cette lutte. L'impulsion de
l'association Grégory Lemarchal a été donnée lors d'une conversation
que nous avons eue de son vivant. En ce sens, nous respectons sa mémoire. Et si j'ai perdu un frère, à l'instar de ses parents qui ne pourront jamais vraiment faire le deuil de leur enfant, ce
combat contre la mucoviscidose a changé ma vie. Il me permet de ne rien oublier de tout ce que Greg m'a donné.
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