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Le début de l’été a vu une vague médiatique sur la question dite des mères porteuses. Mais les media n’ont pratiquement pas cherché à comprendre son
origine. Le livre Interdits d’enfants (Editions Michalon) a été maintes fois cité, mais quasiment aucun article n’en précise le contenu. Pourtant, sa lecture nous donne l’explication de la
genèse de ce débat de société. Sylvie et Dominique Mennesson sont les symboles malgré eux des révolutions familiales contemporaines. En 1998, après avoir découvert l’infertilité de Sylvie, ce couple décide de devenir parents grâce à une mère porteuse. Cette « grossesse par procuration » étant illégale dans notre pays, ils choisissent de se rendre en Californie, un État américain précurseur en matière de gestation pour autrui (GPA). Après trois ans d’attente et d’espoirs déçus, Mary, leur gestatrice, donne naissance à deux superbes jumelles, Isa et Léa. Sylvie et Dominique sont enfin parents. Mais, en France, cette filiation est contestée et leurs filles se retrouvent comme des sans-papiers, enfants de personne. Le couple va devoir affronter sans relâche la justice française pour être reconnu comme le père et la mère de leurs propres filles. Leur combat, soutenu par des personnalités telles qu’Elisabeth Badinter, Geneviève Delaisi de Parseval ou le professeur François Olivennes, va ébranler bien des certitudes et relancer le débat sur la bioéthique. Interdits d’enfants, l’histoire bouleversante d’une famille trop extraordinaire pour notre société et une réflexion intime sur les nouvelles formes de parenté. N’est-ce pas fondamentalement et simplement une nouvelle façon de faire des bébés ? Quand il n’existe pas d’autre possibilité ? Qui peut se permettre de frapper du tampon de la mauvaise parentalité des familles somme toute parfaitement normales ? A quel titre ? Ainsi, après sept ans d’enfer judiciaire, la France a reconnu un droit élémentaire : celui d’être les parents de ses enfant. Cette décision a priori ordinaire - quoi de plus « naturel » que la parenté ? - représente en réalité une immense avancée pour des milliers d’hommes et de femmes infertiles. La législation française, à la différence de celles de nos voisins et de grands pays occidentaux, interdit, voire punit, le recours à une mère porteuse. Toutefois, l’horizon n’est pas encore dégagé, l’avocat général de la cour d’appel de Paris, représentant du ministère public, ayant déposé un pourvoi en cassation. La plus haute juridiction devrait rendre son arrêt en plein débat sur la révision des lois dites de bioéthiques. Ses magistrats considéreront-ils que le statut de « parents » de cette famille est conforme à la loi ? Mais, qu’est-ce qu’être parents ? C’est la question fondamentale que pose ce livre. Dans le débat public, des journalistes, des magistrats, des « spécialistes » distribuent parfois les titres de « père » ou de « mère » sans véritable réflexion préalable et surtout sans se mettre à la place des enfants. Ne méritent-ils pas simplement que l’on respecte leur situation familiale ? Ainsi, une journaliste a écrit qu’un enfant pouvait avoir jusqu’à cinq parents si on comptait : les deux personnes qui les élèvent, la donneuse d’ovules, le donneur de sperme et la mère porteuse. N’est-ce pas un peu abusif , et dénué de toute réalité sociale ? Sans fard ni tabou, à l’opposé de la pensée unique, c’est une réflexion profonde sur la famille et une mise en abyme de certaines croyances que propose le livre Interdits d’enfants.
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