Indonésie : La vie sur un tas d'ordures

Publié le par Planète-Eléa

 

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Si les autorités indonésiennes font l'effort de ramasser les déchets dans les rues du pays, elles n'arrivent pas à s'en débarrasser. À l'aube, plus de 500 000 travailleurs illégaux débarquent sur les montagnes d'ordures installées à la périphérie des villes. Ils fouillent les déchets et collectent tout ce qui est susceptible de leur rapporter un peu d'argent.

Chaque année, l'Indonésie produit 45 millions de m3 d'ordures. À elle seule, la capitale Jakarta pourrait remplir avec ses déchets dix piscines olympiques par jour.

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Photo postée sur Flickr par Matt Crook.

 

60 % des villes du pays se débarrassent de ces tonnes d'ordures en les déversant dans des décharges "non administrées". 80 % de détritus qui sont collectés, transportés et déversés dans ces décharges ne sont, ensuite, ni traités, ni évacués

En 1995, le gouvernement s'était engagé à respecter un "programme de réduction des déchets" et faisait alors la promotion de ce qu'il appelait les "3R": réutiliser, réduire, recycler. Quinze ans plus tard, les décharges continuent à voir arriver quotidiennement des milliers de tonnes de détritus. Quinze ans plus tard, non seulement des centaines de milliers de glaneurs vivent toujours sur ces tas de déchets, mais des fermiers locaux viennent également y ravitailler leur bétail.

Contributeurs

Le quotidien d'une décharge "non administrée"

La décharge de Bekasi, à la périphérie de la ville de Jakarta, est la plus importante d’Indonésie. Vidéo postée le 24 septembre 2008 par "kenttruog".

"Les glaneurs à qui j'ai parlé me disent qu'ils sont heureux"

Retno Hapseri travaille pour le XSProject, une fondation qui dénonce les conditions de vie des ramasseurs d'ordures. L'organisation achète les matières non recyclables à ces ramasseurs, à des prix plus élevés, et soutient financièrement leurs enfants scolarisés. Elle est basée à Jakarta, sur l'île de Java.

 

La plupart des ramasseurs d'ordures sont venus de petits villages pour trouver du travail dans les grandes villes ou dans d'autres îles. Ils travaillent tous les jours de 5h à 9h du matin, puis ils rentrent chez eux (dans des cabanes en carton de 3 mètres sur 4) pour faire le tri dans ce qu'ils ont trouvé. Ensuite, ils y retournent vers 14h et travaillent jusqu'au soir.

Ils vendent leurs babioles à leurs 'lapak', qui les revendent ensuite à des usines. Chaque 'lapak' a entre 20 et 40 personnes qui travaillent pour lui. Un prix a été attribué à chaque matériau : un kilo de bouteilles de Danone Aqua vaut par exemple 1 500 rupiahs (0,12 euros). Le métal vaut plus cher.

Les ramasseurs ne peuvent pas quitter leur 'lapak' car ils leur doivent toujours de l'argent.  Le 'lapak' les paye en début de mois, donc ce que le ramasseur leur vend est en fait décompté de ce qu'ils doivent. Les ramasseurs refusent d'emprunter de l'argent à la banque, ils font davantage confiance à leur 'lapak'. La plupart du temps, c'est aussi lui qui est propriétaire de la terre où les glaneurs vivent. Leur vie dépend entièrement de leur 'lapak'.

Quand vous marchez dans ces décharges, c'est comme marcher sur un matelas de détritus. Les travailleurs ne prennent pourtant même pas la peine de se protéger en mettant des gants ou des bottes. Ils portent des sandales, ou n'ont pas de chaussures, et les enfants courent dans les décharges à moitié nus.

Les glaneurs à qui j'ai parlé me disent toutefois qu'ils sont heureux. J'ai discuté avec un homme de 23 ans, très beau, qui m'a dit qu'il était venu d'une autre île pour trouver du travail. Et il a trouvé ça. Lui et les autres nous disent que 'la vie est belle' parce que, pour eux, ce n'est pas une question de bonheur, mais plutôt une question de survie.

Les enfants de ces glaneurs vont à l'école, mais n'y restent pas longtemps. Ils disent qu'ils n'aiment pas ça parce qu'ils ne peuvent pas s'acheter les mêmes goûters que les autres enfants. Et les parents ne les encouragent pas non plus parce qu'ils préfèrent qu'ils les aident à travailler.

Comme dans tous les pays en développement, le gouvernement indonésien a d'autres problèmes plus importants à régler avant de s'occuper de l'éducation et de l'aide aux défavorisés. Ils voient les ramasseurs comme une nuisance (ce n'est pas beau à voir pour les touristes). Mais ils ne peuvent pas se débarrasser d'eux. Ce sont les premiers Indonésiens à s'être lancés dans le recyclage et ils sont devenus essentiels au système de traitement des ordures, qui est loin d'être bien organisé."

Portrait de Retno Hapsari

Retno Hapsari

  • Indonesia
  • Recycling and human rights worker

Une décharge "non administrée" en photos

Photos prises par Matt Crook le 18 janvier 2010. Voir l'ensemble des images ici.

 

Par http://observers.france24.com/fr/

Publié dans Infos du Monde

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Arcane 21/04/2010 21:25



Je vous invite à visiter mon blog http://arcane.petits.loups.over-blog.com/ consacré aux enfants cordialement Dominique