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Mercredi 22 avril 2009












De plus en plus fréquentes, ces grossesses accidentellement interrompues laissent parfois des traces indélébiles, qui peuvent perturber l'ensemble de la famille


M-P. Morel/Photononstop



Quand, lors de la première échographie, le gynécologue lui a dit qu’il n’entendait pas de rythme cardiaque, que la grossesse s’était sans doute arrêtée, Caroline, 31 ans, a accusé le coup : «Je n’ai pas réalisé tout de suite ce que cela signifiait. Puis, tout ce que je m’étais imaginé, cette nouvelle vie à venir avec le bébé, s’est brutalement écroulé comme un château de cartes, et un immense sentiment de solitude m’a envahie. Je n’étais pas préparée à cette éventualité et personne ne m’avait dit que c’était aussi fréquent.»

Pourtant, quand elle a commencé à se confier à des proches, Caroline s’est vite rendu compte que plusieurs femmes dans son entourage, notamment sa mère, avaient vécu la même chose mais qu’elles n’en avaient jamais parlé.

Nombreuses sont les femmes qui subissent, au cours de leur vie, une interruption accidentelle de grossesse : on estime à près de 200.000 par an le nombre de fausses couches en France. Un chiffre en sensible augmentation depuis dix ans, du fait que les femmes entreprennent des grossesses de plus en plus tard. Pourtant, le sujet reste souvent tabou : «Il règne une sorte de loi du silence», affirme le psychiatre et pédopsychiatre Stéphane Clerget. Auteur d’un livre intitulé Quel âge aurait-il aujourd’hui ? (1), il a constaté que, si la souffrance n’est heureusement pas systématique, ces grossesses interrompues peuvent causer une grande douleur, qui ne trouve pas toujours de lieu pour s’exprimer.

«Venues consulter pour un autre enfant, certaines mères me confient qu’elles ont fait une fausse couche, parfois cinq ou dix ans plus tôt, et fondent en larmes. Même s’il n’est plus dans leur ventre, ce “bébé” est encore dans leur tête et dans leur cœur. Il y a une espèce de compteur interne qui fait que l’enfant continue de grandir en elle», explique Stéphane Clerget.

De nos jours, les fausses couches seraient même plus mal vécues que par le passé : les progrès de l’imagerie médicale permettent une personnalisation précoce du fœtus, impensable jusqu’ici, et la réduction du nombre d’enfants fait de la grossesse un événement rare, programmé des mois, voire des années à l’avance. La déception des femmes est à la hauteur de cette illusion du contrôle total de leur maternité.

Une perte trop souvent banalisée

«À peine elles arrêtent leur contraception, elles investissent la grossesse. Or, certaines vont faire plusieurs fausses couches avant d’en mener une à terme, cela peut-être très lourd affectivement: elles perdent complètement confiance en elles», souligne la gynécologue-obstétricienne Véronique Lejeune, ancienne responsable de la consultation spécialisée dans les fausses couches à répétition à l’hôpital Saint-Antoine, à Paris. Selon elle, l’accompagnement psychologique de ces femmes est aussi important que la recherche des causes physiologiques et d’un traitement médical adapté.

Cette perte est d’autant plus douloureuse qu’elle est souvent banalisée par les médecins, notamment dans les urgences des hôpitaux, et sous-estimée par l’entourage. «Tu es jeune, tu en feras d’autres», «Fais-en vite un autre, tu oublieras»… Même si elles sont parfois pleines de bon sens, ces petites phrases, souvent entendues, ne sont pas d’un grand secours, car elles ont généralement pour but de clore la discussion et n’offrent pas aux femmes endeuillées la possibilité de libérer leur parole et de déposer leur fardeau en témoignant de leur chagrin.

Certaines réflexions des proches ravivent même involontairement la culpabilité éprouvée par la plupart d’entre elles : «Ma mère m’a dit que j’en avais peut-être trop fait, que je travaillais beaucoup… C’est comme si elle suggérait que j’étais responsable de mon sort!», s’emporte Agnès, 35 ans, aujourd’hui maman de deux jumelles de cinq ans.

«Tiraillées entre la culpabilité et un fort sentiment d’échec, et même parfois de honte, certaines femmes se sentent épouvantablement seules», observe Valérie Boulanger, consultante sur le site sosbebe.org, une association qui vient en aide aux femmes en difficulté avec la grossesse. Aussi, reprochent-elles souvent à leur conjoint de ne pas comprendre ce qu’elles vivent, de faire comme si de rien n’était, de vouloir trop vite mettre en route un autre bébé…

«Mais il est difficile pour un homme de se mettre à leur place, poursuit Valérie Boulanger. Il est déboussolé par cette détresse devant laquelle il se sent impuissant. Sans oublier qu’il peut lui-même se sentir atteint dans sa responsabilité, dans sa virilité.» Cette incompréhension mutuelle peut provoquer une période de tensions dans le couple, et parfois le mettre en péril.

Un deuil difficile à faire

Ces «échecs de maternité» ne sont pas non plus sans conséquences sur les enfants déjà nés. Au courant ou non de la grossesse, ils ressentent d’autant plus le mal-être de la mère qu’ils sont jeunes, et donc en interaction émotionnelle forte avec elle. Sans pouvoir mettre des mots dessus, ils manifestent alors leur trouble par des symptômes divers (réveils nocturnes, pipi au lit…).

«Il est important de dire la vérité à l’enfant, d’éclairer ce flou, sinon il imagine n’importe quoi. Sans rentrer dans les détails, il faut bien préciser que le fœtus n’est plus dans le corps de la mère, car il peut croire qu’il est encore là, que la mère l’a “mangé”», insiste le pédopsychiatre Stéphane Clerget. Trouver l’expression juste pour répondre à son ou ses enfants peut d’ailleurs permettre à la mère de mettre des mots sur sa souffrance, lui montrer qu’elle est capable de la dire aux autres.

Car la parole s’avère souvent l’arme la plus efficace pour se libérer du chagrin et ne pas le faire peser sur les naissances à venir, parfois conçues comme des enfants de «remplacement». «Le processus de cicatrisation qui s’enclenche naturellement après un tel événement requiert la validation de la perte par le regard des autres. Un deuil difficile à faire en l’absence de traces concrètes, de souvenirs tangibles pour accrocher la mémoire», explique la psychothérapeute Chantal Haussaire-Niquet, qui a animé en France les premiers groupes d’entraide dédiés au deuil périnatal et forme aujourd’hui les professionnels de la santé à cette question.

L’été dernier, deux décrets ont rendu possibles la déclaration de tout fœtus mort-né à l’état civil, son inscription dans le livret de famille et l’organisation de funérailles (auparavant, un seuil réservait ce droit aux fœtus de plus 22 semaines de gestation). Certains parents ont trouvé dans ces démarches une source d’apaisement. «Mais ça n’a pas forcément de sens d’inscrire toutes les fausses couches à l’état civil, il y a d’autres moyens de faire une place à cet enfant dans la généalogie familiale», assure Sophie Helmlinger, présidente de l’association «L’Enfant sans nom, parents endeuillés», qui organise groupes de parole et écoute téléphonique.

Chaque couple peut s’inventer un rituel et le «Jardin du souvenir», aménagé sur le site Internet de l’association (2), est peuplé de sépultures symboliques – textes, poèmes ou dessins – réalisées en mémoire de ces petits trop tôt disparus. Des parents racontent avoir planté un arbre dans leur jardin, dressé un petit mémorial dans un coin de la maison ou fabriqué un bijou portant de simples initiales. D’autres inscrivent l’enfant dans le livret de famille chrétien ou organisent avec un prêtre un temps de prière. Autant de façons personnelles de lui dire adieu et de repartir dans la vie.

Par Cécile JAURES - http://www.la-croix.com/

(1) Quel âge aurait-il aujourd’hui ?, Stéphane Clerget, éd. Fayard, octobre 2007, 313 p., 19 €.
Publié dans : Le Deuil Périnatal - Communauté : Deuil Perinatal
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Lundi 30 mars 2009
DR 
« Le sujet reste tabou. »







Tours. Un an après le décès in utero de son fils Lilian, Isabelle Legois propose un lieu d'écoute et de dialogue aux parents confrontés à ce drame.





Il y a un an, Isabelle Legois a accouché dans sa voiture d'un enfant mort. La maman savait depuis plusieurs jours que son fils, Lilian, était décédé au bout de sept mois et demi de grossesse. Elle venait de prendre les produits prescrits pour provoquer une naissance qui n'en serait pas vraiment une.

Membre de l'association Choisir, naître et grandir, Isabelle Legois proposera, à partir du mois d'avril, aux couples confrontés à un deuil périnatal, un lieu d'écoute et de rencontre. « Pour beaucoup de gens, un décès in utero, c'est un non-événement. L'enfant qu'on vient de perdre n'aurait pas d'existence. Pas connu, il devrait être vite oublié ». La réalité est autre : « Faire son deuil de l'avenir, c'est plus difficile que faire son deuil du passé ».

Accueillie, juste après son accouchement, avec beaucoup d'humanité par l'ensemble du personnel de l'hôpital Bretonneau, à Tours, Isabelle Legois a eu des difficultés à convaincre ce même personnel que sa décision de donner son lait à un lactarium ne relevait pas d'un « déni » mais d'une volonté d'accomplir malgré tout sa maternité. « J'ai donné mon lait pendant six semaines ; jusqu'à la date présumée du terme de ma grossesse, j'ai eu ainsi le sentiment que la boucle était bouclée. »

Agée aujourd'hui de 35 ans, la jeune femme suit actuellement une formation auprès du Dr Maryse Dumoulin, médecin en pathologie maternelle et fœtale et présidente de l'association Nos tout-petits.
Intitulé « Bébés papillons », le lieu de rencontre qu'elle se propose d'animer apportera aux personnes confrontées ou ayant été confrontées à cette épreuve, un soutien sur le plan psychologique ainsi qu'une aide dans les domaines juridiques et administratifs.

« On éprouve un sentiment d'injustice, de culpabilité ; d'isolement aussi. Les gens se détournent de vous, nous avons perdu des amis. Le deuil périnatal reste un sujet tabou, il y a un vrai déni de la part de la société ». Pour faire évoluer les choses, l'association va s'employer à informer et sensibiliser les soignants. Elle lance par ailleurs un appel aux psychologues et psychiatres spécialisés qui accepteraient d'intervenir dans le cadre de ce lieu d'écoute et d'échange.


Par Philippe Samzun  - http://www.lanouvellerepublique.fr/
Publié dans : Le Deuil Périnatal - Communauté : Deuil Perinatal
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Jeudi 12 février 2009












Voici les 18 blogs participants  à la communauté Deuil Périnatal :


http://www.over-blog.com/com-1001950341/Deuil_Perinatal.html





  • Géré par willy et sandrine,

    Le petit monde de l'enfant sur le web

  • Géré par YSA,

    Deuil périnatal

  • Géré par Djémie,

    Un blog en rose même s'il est sur fond noir ;) "Les pochettes jaunes" relatent l'histoire d'un parcours en PMA débuté en août 2006. Bonne lecture !

  • Géré par sarounette,

    Pour Lou, pour que son souvenir subsiste malgré l'absence. Et pour tous ses petits riens qui font que la vie qui sait aussi être belle. Pour notre famille actuelle et nos futurs bambins qui nous...

  • Géré par pti-bout,

    L'histoire de mon petit Théo, parti bien trop tôt pendant la grossesse et mon nouveau combat pour surmonter son absence.

  • Géré par pucette,

    Mamange de Maël, comment essayer de faire son deuil,reconstruire sa vie et faire face aux restes.

  • Géré par pti-bout,

    Ce blog raconte nos difficultés pour avoir un enfant et notre recours à la Procréation Médicalement Assistée (PMA)

  • Géré par gaëlle Brunetaud,

    Survivre au deuil d'un bébé. Thème = deuil périnatal, grossesse, naissance, bébé, stérilité, statut du bébé, procréation médicalement assistée, poésie, périnatalité, prématurité,couple

  • Géré par magelitin,


  • Géré par Manon,

    Mon combat pour surmonter la mort de ma fille

  • Géré par maïté,

    Deuil périnatal : Blog hommage consacré à ma petite fille Maylis, qui s'est envolée au pays des anges après 10 jours de vie terrestre

  • Géré par Anonyme,


  • Géré par Choupinette,

    Nous, 8 ans d'amour et un ange au ciel. Nos nouveaux projets : un bébé et un mariage Mon combat : l'aide aux plus démunis

  • Géré par marie,

    Je suis un ange , je m'apelle Elsa et je viens vous raconter ce que je vois de mon nuage , la vie de mes parents et de ma famille .. La vision d'un ange sur le monde et sur ceux que j'aime

  • Géré par Souris,


  • Géré par Edwige,

    Blog à la mémoire de mon fils Ulysse né le 22.08.2007 et décédé le 26.09.2007

  • Géré par miss_papatte,

    Ca, c'est la partie que j'aime le moins: comment voulez vous decrire ca en quelques mots: Mes aventures bizarres mais toujours vraies, mes anecdotes a se faire pipi dessus, mes gros chagrins aussi,...

  • Géré par lestitis67,

    Pour partager avec vous, parents, amis de toujours ou de moins longue date, inconnus qui passer par ici par hasard, des petits bouts de vie (qu'ils soient heureux ou qu'ils le soient moins), pour...

Publié dans : Le Deuil Périnatal - Communauté : Deuil Perinatal
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Dimanche 19 octobre 2008







En mémoire de leur petit ange, environ 120 personnes se sont réunies lors de l’Envolée des ballons organisée par Parents-ressources des Bois-Francs. Ce sont, en tout, 27 ballons qui ont été lancés dans le ciel, représentant 27 petits êtres fragiles qui ont trépassé, soit en cours de grossesse ou quelque temps suivant l’accouchement. Certaines personnes avaient écrit des petits messages porte-bonheur sur leur ballon, tandis que d’autres ont préféré garder leurs paroles dans leur cœur.

«Cette cérémonie représente le partage et la solidarité envers des parents, grands-parents, amis, oncles et tantes qui vivent une étape difficile de leur vie, a soutenu la directrice de Parents-ressources, Lina Côté. Ces petits enfants qui sont venus rapidement, mais qui sont repartis aussi vite ont eu un moment sur la terre comme tout le monde. Ce sont des anges qui ont existé et qui existeront toujours dans le cœur des familles endeuillées.»

Sur l’air de la chanson «Un peu plus haut, un peu plus loin» de Jean-Pierre Ferland, les ballons se sont laissé emporter par le vent, en rappelant que le deuil d’un enfant, quel que soit l’âge, est une épreuve de vie. «Le deuil périnatal a longtemps été tabou et malheureusement, c’est un sujet qui l’est encore aujourd’hui. On entend souvent dire que ce n’est pas grave une fausse couche ou les parents n’ont pas à s’en faire vu qu’ils sont encore jeunes. Mais un enfant qui est décédé ne pourra jamais être remplacé», soutient-elle.

Aussi, chacun ne vit pas de la même façon ce genre d’épreuve, car personne ne s’attend à vivre une réalité aussi cruelle, explique la responsable du volet deuil périnatal à Parents-ressources, Manon Rivard. «Avoir un enfant, c’est un projet de couple. Il y a des statistiques qui prouvent qu’au cours des années suivant le décès, la relation amoureuse est difficile et peut même se rendre jusqu’à une séparation. C’est comme si un couple se construit une maison et que, du jour au lendemain, elle flambe au complet. C’est un projet commun qui prend fin subitement», confie-t-elle.

En rassemblant autant de personnes lors de cette journée, les organisateurs espèrent que le décès d’un enfant ne sera plus un sujet caché. «On veut permettre aux familles et à leurs proches d’en parler, car souvent, les personnes ne savent pas quoi dire et de quelle manière l’aborder. Et pour les familles en deuil, la pire chose est de vivre cela seule, sans soutien. Face à cette situation, Parents-ressources organise à tous les derniers mercredis du mois, des groupes de discussions abordant différents thèmes. Tous sont accueillis sans préjugé afin de leur permettre d’évacuer leur problème», souligne Lina Côté.

Ayant interprété la chanson pour l’occasion en compagnie de son copain Charles Gardner, Marie-Karine Raby était très heureuse de pouvoir partager ce moment. «Nous n’avons pas perdu d’enfants, mais c’est un moyen pour nous de faire notre part, en essayant de leur faire vivre leur deuil sur une chanson significative. C’est beau de voir autant de personnes réunies afin de montrer leur solidarité», exprime-t-elle.


Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis
Une envolée vers le paradis




Par Pierre-Olivier Girard - http://www.lanouvelle.net/
Publié dans : Le Deuil Périnatal - Communauté : Deuil Perinatal
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Jeudi 9 octobre 2008








Enceinte de 38 semaines, Patricia Bourque était loin de penser que son examen de routine allait lui assener un tel coup. Le cœur de son petit bébé s’était brusquement arrêté. Elle allait devoir accoucher… d’un ange, qu’elle et son conjoint, Stéphane Roberge ont appelé Alexia. «J’ai pensé qu’avec les poussées, peut-être, son cœur se serait remis à battre.» Le miracle n’a pas eu lieu et les résultats de l’amniocentèse n’ont pas permis d’expliquer ce qui s’était passé.
La jeune femme de Plessisville est sortie de l’Hôtel-Dieu d’Arthabaska non pas dans la joie, avec des ballons, des cadeaux et des cartes de meilleurs vœux… mais avec une grande peine, des cartes de condoléances et le fardeau d’organiser des funérailles.

C’était en octobre 2006.

Depuis, chaque année, Patricia, parfois même avec son père, Normand Bourque, participe à l’Envolée de ballons qu’organise le groupe de soutien au deuil périnatal, Toi mon ange, de Parents-ressources des Bois-Francs.

Encore cette année, ils y seront, le samedi 18 octobre, à 13 h 30, à la Maison des familles située au 86, rue St-Paul à Victoriaville.

C’est la troisième fois que s’organise une telle cérémonie réunissant les parents, les amis, la famille de ceux qui ont perdu, récemment ou il y a longtemps, un tout-petit, soit en cours de grossesse ou quelques mois après l’accouchement. L’an dernier, 85 personnes avaient lâché 45 ballons dans le ciel.

La cérémonie fait partie du lent processus du deuil, expliquent l’intervenante sociale Manon Rivard et l’éducatrice spécialisée, Guylaine Camiré, toutes deux proches du groupe de soutien Toi mon ange.

Elles ajoutent que l’Envolée de ballons constitue une occasion de partage, d’écoute et de soutien.

De réconfort aussi, ajouterait Patricia Bourque qui, jamais, ne s’est empêchée de parler de ce qu’elle avait vécu, d’évoquer la mémoire de sa petite Alexia, d’inviter, par exemple, ses collègues de travail à porter du rose lors du premier anniversaire du décès de sa deuxième petite fille. Même sur le chantier de construction de son conjoint, en silence, ses collègues avaient aussi osé porter un foulard rose, compatissant avec le papa.

«D’en parler, c’est dur et libérateur en même temps. Mais quand je le fais, je reçois du réconfort et je peux en donner aussi, parce que bien des gens ont vécu ce genre de deuil», dit la jeune conseillère en orientation à la Poly La Samare de Plessisville. Par le groupe de soutien, elle dit qu’elle plonge et replonge dans le deuil et la souffrance, disant avoir compris que c’est de cette manière qu’elle finira un jour par en émerger et qu’elle pourra vivre en paix.

La petite Alexia fait partie de la famille et sa photo est toujours en évidence dans la maison de ses grands-parents, assure Normand, grand-papa de sept autres petits-enfants.

La perte d’un fœtus ou d’un nourrisson serait encore taboue, affirment les intervenantes.

«Je pense à toutes ces mères siphonnées par la douleur», dit M. Bourque qui a du mal à refouler ses larmes lorsqu’il entend parler sa fille.

C’est lui qui a dû apprendre la triste nouvelle à son gendre, Stéphane, alors que Patricia était admise à l’hôpital. Et cela, inévitablement, fait émerger en lui le souvenir de sa mère qu’il a vu pleurer pendant des jours à la suite du décès d’une de ses petites sœurs.

«J’étais le seul garçon d’une famille de dix enfants. Ma mère était une femme ayant l’habitude de maîtriser ses émotions. Un jour, alors que j’avais cinq ans, j'ai encore l'image de la couchette que ma mère avait revirée à l'envers à la suite de la mort de ma sœur qui n'était âgée que de quelques mois.» Normand Bourque avait alors cru que sa mère allait mourir au bout de ses larmes. «On voudrait que tout aille bien pour nos enfants. Ce qui est arrivé à Patricia et à Stéphane, ça affecte toute la famille, incluant les autres petits-enfants.»

Malgré son deuil et cela depuis plus d’un an, Patricia souhaite toujours réaliser son rêve d’avoir quatre enfants, des frères ou des sœurs pour sa petite Jolyanne.

Elle et son père livreront leurs témoignages à l’occasion de l’Envolée de ballons du 18 octobre. Les gens intéressés à participer à la cérémonie doivent se manifester à la Maison des familles avant le jeudi 16 octobre, en composant le numéro 819 758-4041. Les parents endeuillés peuvent aussi composer ce numéro pour participer aux rencontres du groupe de soutien se réunissant à chaque dernier mercredi du mois à 19 heures à la Maison des familles.



Par Hélène Ruel - http://www.lanouvelle.net/
Publié dans : Le Deuil Périnatal - Communauté : Deuil Perinatal
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Samedi 4 octobre 2008


Un témoignage sur le deuil périnatal d'une force poignante et le courage d'une Maman pour son petit Pierre de faire avancer la vie tout simplement...


Je vous recommande la lecture de ce livre
" L'un sans l'autre "   avec une pensée pour Pierre et aussi à tous les Anges...

Willy le papa d'Eléa






Bonjour,


Je me présente : je m'appelle Nathalie, j'ai 26 ans et je suis maman de jumeaux, Pierre et Sarah. Mon fils est décédé in utero à 20 SA en 2006. Hospitalisée pour menace d'accouchement prématuré, j'ai mis au monde mes deux enfants à 30 SA.


Mon cheminement du deuil de mon petit garçon Pierre m'a amené à réaliser un travail d'écriture qui est devenu un livre. Mon souhait est de mieux faire reconnaître la difficulté du deuil périnatal et plus particulièrement celui d'un jumeau.

Ne souhaitant pas faire de l'argent sur le décès de mon fils, le livre est vendu à prix coûtant (exclusivement sur le site Lulu.com) et son téléchargement en format PDF est gratuit. Voici le lien pour y accéder

http://www.lulu.com/content/4225280 .


Nathalie Z, L'un sans l'autre


Ci-dessous une description du livre.


Deux bébés ! Je portais en moi deux bébés ! Nous attendions avec un bonheur intense des jumeaux, nos premiers enfants. Quelle joie ! Deux petites vies si précieuses ! Deux enfants à aimer ! Mon coeur explosait d'amour pour mes petits bouts de choux.

Le décès in utero de notre fils nous a plongé dans un abîme de désespoir. Rien n'est plus absurde, plus injuste que la mort de son enfant. Le deuil périnatal d'un jumeau est un deuil complexe puisque la vie et la mort se retrouvent liées dans un jeu insidieux de cache-cache. Les parents sont démunis et isolés face à de nombreuses problématiques. Ils sont soumis à des tâches psychologiquement opposées. Comment gérer la dualité des sentiments ? Doit-on se focaliser sur le jumeau vivant ? Faut-il cacher l'existence du jumeau décédé ? Quelles sont les conséquences de la mort d'un jumeau sur le jumeau esseulé ? Quel comportement adopter ?

La mort au lieu de la vie dérange la société qui préfère étouffer, oublier l'existence de ces bébés. Les parents sont confrontés au mur du silence entourant le décès de leur enfant. Le bébé décédé doit-il figurer dans l'histoire familiale ? Quelles conséquences sur la fratrie à venir ? Quels rituels peut-on mettre en place ? Comment l'équipe médicale accompagne t-elle les familles endeuillées ? Comment gérer les réactions de l'entourage ? Que dire ? Quelles sont les conséquences transgénérationnelles des deuils non-faits ? Quelle place pour le papa ?

Cet ouvrage tente d'éclairer des pistes de réflexion concernant ces problématiques.

Reconnaître l'existence de ces tout-petits est nécessaire pour l'élaboration du processus de deuil.

J'ai mis au monde mes deux bébés prématurément. La séparation brutale avec ma fille a été une épreuve. Comment gérer ce traumatisme ? Comment retrouver confiance en ses capacités de mère ?

Ce livre a été rédigé à quatre mains puisque le père de mes enfants a pris la parole concernant le ressenti du papa, bien trop souvent oublié. Des parents ainsi que des jumeaux esseulés ont participé à mes réflexions sur la mort d'un tout-petit. Leurs témoignages poignants et émouvants vous bouleverseront. Ils nous font partager leurs doutes, leurs questionnements, leurs espoirs. Un grand merci à eux !

À tous les parents de prématurés...

À tous les jumeaux esseulés...

À tous les parents qui ont perdu un bébé...

Publié dans : Le Deuil Périnatal
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